Itadakimasu : Le guide de la gastronomie japonaise. PDF Print E-mail
Written by Clerens Gaetan   
Saturday, 02 February 2008 11:21

« Que mangera-t-on ? » est bien souvent une question essentielle lorsque l'on voyage. Ce guide, se propose de vous faire découvrir les différents aspects de la table telle qu'elle se conçoit au Japon.

Table des matières

1. Où va-t-on manger ?
2. Entrer dans le restaurant
2.1. Se rendre à table.
3. Que va-t-on manger ?
3.1. Introduction à l'art de la table et son service
3.2. La « table » japonaise
3.2.1. Les couverts
3.2.2. La vaisselle
3.2.3 Les différents services
3.2.4. Les menus.
3.2.5. Les bento
3.2.6. Les expressions liées à la table

4. Les éléments de base de la cuisine japonaise.
4.1. Algues
4.2. Anko
4.3. Daikon
4.4. Gingembre
4.5. Natto
4.6. Nouilles
4.7. Poissons
4.8. Riz
4.9. Sauce Soja – Shoyu
4.10. Tenkasu
4.11. Wasabi
4.12. Shiitake

5. Les plats
5.1. Plats à base de riz – Gohan-mono
5.1.1. Domburi
5.1.2. Kareraisu
5.1.3. Omurice
5.1.4. Onigiri
5.1.5. Sushi
5.2. Les plats à base de nouilles – men-rui
5.2.1. Soba
5.2.2. Udon
5.2.3. Ramen
5.3. Les plats frits – Age-mono
5.3.1. Tempura
5.3.2. Tonkatsu
5.3.3. Karaage
5.4. Les plats grillés – Yaki-mono
5.4.1. Gyoza
5.4.2. Okonomiyaki
5.4.3. Takoyaki
5.4.4. Yakitori
5.4.5. Yakizakana
5.5. Les soupes – Sui-mono et Shiru-mono
5.5.1 Misoshiru
5.6. Sashimi
5.7. Les plats communs – Nabe-mono
5.7.1. Shabu-shabu
5.7.2. Sukiyaki
5.8. Autres plats
5.8.1. Edamame
5.8.2. Potato salada
5.8.3. Takuan
5.9. Wagashi
5.9.1. Mochi
5.9.2. Daifuku

6. Les boissons
6.1. Les thés
6.2. Les alcools
6.3. Les autres boissons
7. L'addition
7.1. Combien coûte un repas.
8. Conclusions


1. Où va-t-on manger ?

Trouver à manger est certainement l'une des choses les plus faciles au Japon. La plupart du temps, il suffit de faire le tour d'un pâté de maison pour trouver un endroit où se sustenter. Les « restaurants » peuvent être catégorisés de différentes manières mais voici un essai qui a pour but de les comparer à la culture occidentale.

Vous trouverez au Japon des restaurants traditionnels et d'autres dits « étrangers ». Comme l'on va rarement au Japon afin de goûter de la cuisine française, cet article élude en toute logique cette partie. Sachez cependant pour votre culture générale que les japonais sont très friands de restaurants étrangers qui ont une sorte d'image « jet set » (cela provient probablement du prix prohibitif).

Attaquons nous donc au sujet principal de ce chapitre, les « restaurants » japonais. Je pense que l'on peut scinder ces derniers en d'une part restaurants « spécialisés » et d'autre part les les Izakaya. Bien que vous ne connaissiez peut-être pas encore les différents plats (il faut encore un peu patienter, c'est plus bas), le terme de spécialisation parle de lui-même. Vous trouverez des restaurants spécialisés dans les Yakitori (brochettes) que l'on appelle Yakitori-ya Ces derniers ne servent que des yakitori, un peu comme une crêperie ne sert que des crêpes. Il est inutile de préciser l'ensemble des différents restaurant spécialisés : Il vous suffit de prendre le nom d'un plat énoncé dans l'article et de la faire suivre par « ya » pour dénommer le restaurant. Plus précisément, le caractère le « ya ( 屋 ) » signifie « magasin».


A côté de tout cela, la 2ème catégorie de restaurants japonais que l' on retrouve sont les Izaka-ya ( 居酒屋 ) … tiens, encore un ya … Mais que veut dire Izakaya ? Izakaya est à l'origine la contraction de i sake ya, un magasin où l'on boit du sake assis. Cependant, l'endroit actuel s'est diversifié de son étymologie première. Aujourd'hui on peut comparer un izakaya à une taverne. C'est un lieu où l'on se rend après le travail, accompagné de ses collègues, pour aller boire un verre et manger (c'est culturel et récurrent). Pour un occidental, c'est l'endroit idéal, puisqu'ils servent de nombreux plats. Cependant, les plats mêmes sont souvent présents dans une moins grande diversité. Autrement dit, vous n'aurez pas toutes les sortes de sushi, sashimi, etc.

Les izakaya sont également appelées lanternes rouges à cause de la lanterne qui orne leur façade. De nos jours, de nombreux restaurant qui ne sont pas des izakaya ont également des lanternes. Sachez que le type de restaurant est toujours indiqué sur la lanterne.

 

Pour terminer ce chapitre, un dernier paragraphe concernant les kaiten-zushi ( 回転寿司 ). Je parle de ce type de restaurant puisqu'il est fort proche du suhi-ya ( 寿司屋 ) sans en être un. Les 2 sont des restaurants dont la spécialité est la préparation de sushi. Les kaiten-zushi sont ces fameux restaurant où l'on voit les sushi qui défilent sur un plateau roulant devant vous. Sachez que même si les sushi défilent devant vous, vous pouvez les demander directement au chef. Les sushi-ya n'ont jamais de plateau roulant et véhiculent une image de standing par opposition aux kaiten-zushi qui véhiculent une image de « bon marché ».


2. Entrer dans le restaurant

Juste avant d'entrer, sachez que de nombreux restaurants ont en vitrine des modèles en cire qui sont l'image de leur carte. Cela vous permettra même si le restaurant n'avait pas de carte écrite en romanji (caractères latins) de choisir ce que vous voulez manger. Paradoxalement, les restaurants qui affichent les modèles en cire sont aussi ceux qui ont les plus grandes vitrines et donc le plus d'argent et donc des cartes en romanji !

Lors de votre entrée vous entendrez souvent : « Irasshaimasen !» (bienvenue). Juste après, un serveur viendra vous accueillir. Le cas échéant, vous pouvez estimer que le choix de la table est libre.

Lorsque le serveur vient vous accueillir et si vous n'êtes pas seul, il est de coutume de désigner le nombre de personnes dans votre groupe. Pour ce faire, voici comment annoncer le nombre de personnes.

1 personne : Hitori ( 一人 )
2 personnes : Futari ( 二人 )
3 personnes : San nin ( 三人 )
4 personnes : Yo non( 四人 )
5 personnes : Go nin ( 五人 )
6 personnes : Roku nin ( 六人 )
7 personnes : Shichi nin ( 七人 )
8 personnes : Hachi nin ( 八人 )
9 personnes : Kyu nin ( 九人 )
10 personnes : Ju nin ( 十人 )

 

2.1. Se rendre à table.

Ce point sera bref mais sachez que lorsque vous pouvez vous trouver devant 2 types de restaurant :

  • Les restaurants « modernes » où l'on vous donne votre place et vous apporte le menu immédiatement. L'identique de nos restaurants occidentaux.
  • Les restaurants « traditionnels » où l'on mange sur une table basse, celle-ciest entourée de tatami. Comme toujours, lorsqu'il y a du tatami parterre, il faut enlever ses chaussures. Vous avez pour cela des casiers mis à votre disposition à l'entrée.
    Là où, sans mauvais jeux de mots, le bas blesse, c'est dans la manière de s'asseoir. Pour les hommes cela va encore puisque ces derniers peuvent s'asseoir en tailleur ou à genoux. Mais les femmes, quant à elles, se doivent d'être à genoux.
    Notez que la plupart des restaurants de ce type offrent la possibilité d'être assis « normalement » grâce à un renfoncement dans le sol au niveau de la table.

Sachez qu'il est également fréquent de manger au bar. De nombreux restaurants affichent des réductions si on y mange.


3. Que va-t-on manger ?

 

3.1. Introduction

Je peux sans aucuns problèmes dire qu'il existe une très grande différence entre la nourriture que nous consommons en occident et au Japon. Cela provient du fait que d'une part le Japon est un archipel qui, par définition, est entouré d'eau. Les produits de la mer constituent donc leur principal apport de protéines animales (complété par le soja). D'autre part la céréale de base n'est pas le blé, comme sous nos latitudes, mais bien le riz. Enfin, sachez que la cuisine japonaise est une cuisine à tendance salée par opposition à la notre qui est à tendance sucrée.

L'exemple le plus frappant est certainement le sushi qui rassemble ces différences fondamentales (poisson cru en canapé sur du riz que l'on trempe dans une sauce soja). Le sushi m'amène à aborder un point important qui n'est pas lié aux aliments mais à la tradition culinaire : le poisson est cru. De par notre éducation occidentale, de nombreuses personnes sont réticentes à la consommation d'aliments crus. Cette phobie, historique, associe « nourriture cuite » à « nourriture exempte de bactéries ». Cependant, à l'heure actuelle et vu les progrès hygiéniques, la consommation de produits crus ne comporte pas plus de risques que de celle de produits cuits. Preuve est que nous avons des pratiques identiques tel l'exemple italien du « carpaccio », mais aussi celui du filet américain/haché, du steak tartare, des huîtres, etc. Cependant, très peu des plats occidentaux sont composés de poisson cru ce qui est, à mon sens, la raison principale de notre réticence. Afin de rassurer les plus circonspects, sachez que j'ai moi-même consommé bon nombre de ces plats sans jamais ressentr d'effets contraires.

Lorsque j'ai cité le terme de tradition culinaire en parlant des plats crus, cela ne signifie aucunement que les plats cuits ne sont pas présents dans la cuisine japonaise. Bien au contraire, ces derniers constituent la majorité des plats mais sont moins connus du grand public. Le terme de tradition était cependant bien choisi puisqu'à l'origine les japonais estimaient que la nourriture crue permettait de garder les idées claires et d'atteindre une certaine « élévation de l'esprit».

Pour conclure cette introduction, je dirais que lorsque l'on aborde une culture aussi différente, il est primoridial de partir dans un esprit ouvert aux découvertes.

 

3.2. La « table » japonaise

Tout comme la nourriture, la table comporte un ensemble de différences frappantes pour l'occidental. Voici quelques éclaircissements


3.2.1. Les couverts

J'imagine qu'il est inutile de vous les présenter. Au Japon, comme dans une grande partie de l'Asie, on mange à l'aide de baguettes - Hashi (箸). Les mêmes règles d'hygiène s'appliquent aux couverts occidentaux et aux baguettes. Vous avez des baguettes pour les plats « communs » et des baguettes pour « votre assiette ». Une fois que des baguettes ont été utilisées pour votre assiette, vous ne pouvez plus les remettre dans le plat « commun ». Cela peut paraître compliqué mais c'est exactement la transposition de notre savoir-vivre. Nous avons des cuillères, des louches, etc. pour nous servir et nous mangeons ensuite à l'aide de nos propres couverts.

Voici un petit mode d'emploi pour savoir tenir ses baguettes (1 et 2), comment tenir un gros objet (3) et un petit objet (4) :


3.2.2. La vaisselle

Il n'y à pas grand-chose à dire sur le sujet sauf que comme vous commandez plusieurs plats au même moment, vous aurez très certainement plusieurs assiettes en même temps. De plus, vous n'aurez pas nécessairement la même vaisselle pour vos plats, il se peut donc que personne n'ai la même assiette à table. Enfin, votre table ressemblera à un champ de bataille en fin de repas : c'est normal !


3.2.3 Les différents services

Les services sont certainement l'une des différences les plus frappantes. La tradition occidentale amène la notion de service, généralement : entrée(s), plat principal et dessert(s). Au Japon, il n'y a pas d'équivalent de la notion de service. Lorsque l'on commande, on choisit un ensemble de plats, certains sont petits d'autres grands mais aucun n'est à servir avant l'autre. Vous recevrez suffisamment de plats en même temps pour commencer à manger, après ça, il n'y a pas de règles. Si vous voulez mettre un tempo à votre repas, il vous faudra commander au fur et à mesure (tout comme le font les japonais). Ne vous inquiétez pas pour les délais, ces derniers sont toujours courts.

NB : On choisit généralement des plats à base de riz pour terminer le repas. Ces derniers ont pour but, après avoir dégusté les premiers plats, de se remplir l'estomac.


3.2.4. Les menus

Du fait qu'il n'existe pas de services comme nous l'entendons en occident, les menus n'en comportent pas non plus. On peut dire qu'au Japon, un menu est un ensemble qui vous est apporté en un seul coup et pour un prix réduit.


3.2.5. Les bento ( 弁当 )

Tous ceux qui ont pu voir un personnage manger dans un manga ont déjà vu un bento. Le bento n'est pas un plat en lui-même mais désigne plutôt le terme de casse-croûte conditionné en boite. Bien qu'il soit possible de commander un bento dans un restaurant, il s'agit surtout du plat que l'on emporte de chez soi le matin afin de manger le midi (à l'école, au travail, etc.). C'est un peu la « boîte à tartine » occidentale !

Vous pouvez, acheter des bento dans les gares ou les supermarchés japonais. Le prix et la qualité du bento sont souvent indiqués par la boite qui ira du plastique unicolore pour les moins chers à la belle boite en bois pour les plus savoureux.


3.2.6. Les expressions de la table

Pour votre culture générales voici quelques expression qu'on utilise à table :

Pour trinquer : « kanpai ( 乾杯 ) »
Bon appétit (peut se dire pour les boissons) : « itadakimasu ( いただきます ) »
Excusez moi (demander un serveur) : « sumimasen ( すみません ) »


4. Les éléments de base de la cuisine japonaise.

 

4.1. Algues

La cuisine japonaise fait souvent appel aux algues dans leur forme déshydratée. Elles servent alors à maintenir des aliments dans une certaine forme (certains sushi) ou à empêcher le contact direct entre les doigts et les autres aliments (les onigiri).

Les algues :

  • Wakame ( ワカメ ) : une algue au goût prononcé. On l'utilise pour les soupes miso et lors de la cuisson du riz afin d'en rehausser le goût.
  • Nori : une algue ( 海苔 ) au goût peu prononcé. On l'utilise pour les sushi, les ramen, les okonomiyaki et les onigiri.


4.2. Anko ( 餡子 )

C'est une pâte de haricots rouge qui, à l'origine, était le plat le plus sucré au Japon. Ce n'est en fait pas fort sucré mais la plupart des plats japonais étant salés, l'anko était considéré comme fortement sucré.

On le retrouve donc en toute logique dans les « gâteaux » tels que les daifuku.


4.3. Daikon ( 大根 )

Littéralement « grande racine », il s'agît d'une sorte de radis. Le plus connu au Japon est l'Aokubi Daikon, une sorte de carotte géante qui peut mesurer jusqu'à 35cm de long. Ce radis peut être servi séparément (aromatisé) ou accompagne les bouillons (udon, ramen, sukiyaki, etc.)

 

4.4. Gingembre ( ショウガ )

Le gingembre macéré dans du vinaire accompagne les plats à base de poisson cru. Il a pour but de neutraliser le goût des aliments précédents et est donc consommé entre chaque poisson, sushi.


4.5. Natto ( 納豆 )

Le natto est un aliment traditionnel japonais peu apprécié par les occidentaux. Il faut d'ailleurs dire que beaucoup de japonais le boude. Le natto est réalisé à partir de haricots fermentés et dégage une odeur forte, proche des fromages forts.

Malgré son aspect repoussant, le natto est excellent pour la santé ! Il se consomme fréquemment au petit déjeuner sur un bol de riz.

 


4.6. Nouilles

Il existe de nombreuses sortes de nouilles dans les pays asiatiques. On les différencie d'une part par la composition de la pâte et d'autre part par leur épaisseur.

Voici quelques exemples de nouilles :

  • Les nouilles à base de sarrasin : Soba (fines)
  • Les nouilles à base de farine de blé : Udon (épaisses) ou celles pour le ramen (fines).


4.7. Poissons ( 魚 )

Comme décrit dans l'introduction les plats à base de poisson sont souvent crus même si ce n'est pas une règle en soi.

Voici pour votre facilité la traduction japonaise des poissons les plus connus :

  • Anguille de mer: Anago
  • Anguille d'eau douce : Unagi
  • Calamard : Ika
  • Crevette : Ebi
  • Feston : Hotategai
  • Flétan : Hirame
  • Maquereau : Saba
  • Maquereau espagnol : Aji
  • Ormeau : Awabi
  • Oursin : Uni
  • Palourde : Mirugai
  • Pieuvre : Tako
  • Saumon : Sake
  • Saumon (oeuf) : Ikura
  • Thon : Maguro
  • Thon « gras » : Toro


4.8. Riz ( 御飯 )

C'est certainement l'aliment le plus présent au Japon puisqu'il est la céréale de base du pays. Le mot gohan ( 御飯 ) signifie d'ailleurs tant riz que repas en japonais. Il existe de nombreuses préparations pour le riz selon les aliments auxquels il sera mélangé.

Le riz japonais est un riz rond, à grain court, collant. La préparation du riz est faite afin d'en garder tout son aspect collant puisqu'il se consomme à l'aide de baguettes.

Le riz sushi, utilisé pour les plats du même nom est un riz japonais préparé à l'aide de vinaigre de riz, de sucre, de sel, de kombu ainsi que de sake.


4.9. Sauce Soja – Shoyu ( 醤油 )

Au Japon, la sauce soja est un produit aussi utilisé que le vinaigre ou l'huile. Comme son nom l'indique, elle est issue de graines de soja, fermentées pour l'occasion. Son goût légèrement salé, agrémente souvent des plats à base de viande crue.


4.10. Tenkasu ( 天かす )

Le tenkatsu est une pâte frite à base de farine qui sert à la préparation de plats tels que les okonomiyaki et les takoyaki.


4.11. Wasabi ( 山葵 )

Le wasabi, aussi connu sous le nom de raifort japonais, est une plante utilisée comme condiment dans la cuisine japonaise. La préparation à base de la racine de la plante s'appelle également, par abus de langage, wasabi. La préparation est une sorte de sauce consistante et piquante, mélangée à la sauce soja, qui agrémente souvent les plats à base de poisson cru. Je déconseille cependant l'utilisation de wasabi lors de la consommation de sashimi puisque l'on modifie alors le goût du poisson. Les sushi contenant souvent du wasabi, il est inutile dans rajouter dans ce cas de figure.


4.12. Shiitake

C'est un champignon asiatique originaire de chine. Son nom signifie littéralement « le champignon (take) du shii (l'arbre shii). Ce champignon est connu pour son aspect mou-gluant.


5. Les plats

Avant de commencer l'important listing de plats, j'aimerais vous faire part d'un mot que je n'utiliserai pas dans la description des plats car il peut s'appliquer à de nombreux plats sans règle précise. « Moriawase », se traduit en français par le mot « varié ». Vous aurez par exemple sashimi-moriawase qui signifie un ensemble varié de poisson. Mais aussi yakitori-moriawase qui signifie un ensemble varié de brochettes.


5.1. Plats à base de riz – Gohan-mono ( 御飯 物 )

Le riz étant la céréale de base, on retrouve de nombreux plats dont l'ingrédient de base est le riz. On peut s'étonner de retrouver les sushi dans cette catégorie, mais si vous avez prêté attention à l'introduction à la nourriture japonaise. Vous savez maintenant que sushi est une préparation de riz et que ce n'est que par abus de langage que des plats portent le même nom


5.1.1. Domburi ( 丼 )


Tendon

Unadon

C'est un ensemble de plats qui a pour élément commun un bol (traduction littérale du terme) de riz garni. Il y a du riz au fond et on le recouvre de divers éléments qui font le plat.

  • Oyakodon : poulet, oeufs et oignons sur du riz
  • Katsudon : tonkatsu (porc frit), œufs et oignons sur du riz
  • Tekkadon : fins morceaux de thon sur du riz
  • Tendon : tempura et légumes sur du riz
  • Gyudon : porc et oignons sur du riz
  • Unadon : unagi (anguille grillée) sur du riz






5.1.2. Kareraisu ( カレライス )

Ce plat est indentique au curry indien bien que moins piquant que ce dernier. Il consiste en du riz accompagné de curry. Le tout se mange à la cuillère, ce qui indique que ce plat est apparu relativement tard au Japon.



5.1.3. Omurice ( オムライス )

De par son nom et son écriture en katakana, il est facile de voir que ce plat est contemporain. Il est la contraction du mot française omelette et du mot anglais rice (riz). Il consiste en amas de riz assaisonné contenu dans une omelette. L'assaisonnement ne dépend que du bon vouloir du cuisinier. Le plat est souvent accompagné de ketchup.


5.1.4. Onigiri ( お握り )

Les onigiri sont des sortes de boulettes de riz, souvent triangulaires, fourrées et accompagnées d'une feuille nori (algue séchée). Elles peuvent être fourrées de nombreux ingrédients tels que du poisson (thon, saumon, oursin, etc.), de l'umeboshi (prunes japonaises séchées et salées) ou encore tout produit salé ou aigre. Si vous connaissez un peu l'animation japonaise, ce sont les fameuses boulettes avec une petite feuille en bas. La feuille est comestible et sert à ne pas se salir.

Ce « plat » est un véritable délice et je vous recommande chaudement ceux fourrés au saumon et à l'umeboshi.


5.1.5. Sushi ( 寿司 )

C'est de loin le plat le plus connu de la gastronomie japonaise. On peut même, à côté du sake, parler d'un véritable emblème national. Le terme sushi fait référence à tout plat qui utilise du riz du même nom.

Par contre, on ignore souventle fait qu'il existe plusieurs sortes de sushi. Celui que l'on s'imagine en tant qu'occidental est le nigiri-sushi (nigirizushi). Voici une liste des sushi les plus courants


sushi moriawase


futomaki
  • Nigiri (littéralement : formés à la main)
    • Nigiri-zushi ( 握り寿司 ) : ce sont les sushi les plus connus. Ils sont composés, le plus souvent, d'un morceau de poisson cru, déposé sur un canapé de riz lui-même accompagné de wasabi.
  • Maki (littéralement : enroulés/roulés)
    • Maki-zushi ( 巻き寿司 ) : ce sont des sushi cylindriques, de petit diamètre. Le contour est une feuille d'algue nori qui contient du riz ainsi qu'un autre aliment en son centre.
    • Futo-maki ( 太巻き ) : ce sont exactement les même sushi que les maki-zushi à la différence qu'ils sont plus grands que ces derniers.
    • Te-maki ( 手巻き ) : ce sont des sushi à forme cylindrique. Le contour est également une feuille nori. À la différence des autres sushi, ceux-ci se mangent à la main à cause de leur taille.
    • Ura-maki ( 裏巻き ) : ce sont des sushi cylindriques de diamètre moyen dont l'extérieur est composé de riz et la feuille nori se trouve à l'intérieur.

Enfin, un petit conseil quant à la façon de consommer les sushi. Lorsque vous prenez un sushi avec vos baguettes, vous devez tremper la partie avant du sushi dans la sauce soja (le poisson) et non le riz. Au moment où vous le mettez en bouche, tournez le poisson vers votre langue afin d'avoir le goût du poisson et non du riz.


5.2. Les plats à base de nouilles – men-rui ( 麺類 )

Comme dans la plupart des pays d'Asie, on retrouve des plats à base de nouilles. Certaines sont typiquement japonaises tandis que d'autres sont d'origine étrangère (souvent chinoises)


5.2.1. Soba ( 蕎麦 )


kake soba

zaru soba

mori soba

Soba, tout comme udon, désigne par abus de langage tous les repas préparés à partir des nouilles soba. Ces nouilles peuvent se manger chaudes ou froides. Voici quelques exemples de plats à base de soba :

  • Nouilles chaudes :
    • Kake-soba ( 掛け蕎麦 ) : nouilles de soba chaudes accompagnées de fins morceaux d'oignon vert.
    • Kitsune-soba (狐蕎麦) : nouilles de soba chaudes accompagnées d'abura age (tofu frit)
    • Tanuki-soba (狸蕎麦) : nouilles de soba chaudes accompagnées de tenkatsu
    • Tempura-soba ( 天麩羅蕎麦 ) : nouilles de soba chaudes accompagnées de tempura
    • Tsukimi-soba ( 月見蕎麦 ) : nouilles de soba chaudes accompagnées d'un œuf cru qui poche dans le bouillon.
    • Wakame-soba (ワカメ蕎麦) : nouilles de soba chaudes accompagnées d'algues wakame.

  • Nouilles froides :
    • Mori-soba ( 盛り蕎麦 ) : nouilles de soba froides accompagnées d'une sauce au goût très prononcé, entre autre à cause du wasabi.
    • Zaru-soba ( 笊蕎麦 ) : un mori-soba accompagné de morceaux de wakame
    • Soba maki : nouilles de soba froides entourées dans une feuille nori à la façon des maki-zushi.


5.2.2. Udon ( 饂飩 )


Tendon
kake udon

Kare udon

L'udon n'est en soi pas un plat mais une sorte de nouille. Cependant, par abus de langage, tous les plats à base d'udon sont repris sous la même dénomination.

L'udon est une nouille très épaisse et fort prisée au Japon. Le plat s'apparente quant à lui à une sorte de soupe dans lequel on retrouve d'une part les nouilles udon et d'autre part des ingrédients variés qui font la dénomination du plat.

Voici quelques « udon ». Notez que les quelques exemples ci-dessous sont des udon servi chaud. Il existe également des udon servi froid.

  • Chikara-udon ( 力饂飩 ): nouilles accompagnées de mochi
  • Kake-udon ( 賭け饂飩 ] : nouilles accompagnées de fins morceaux d'oignions verts
  • Kare-udon ( 彼饂飩 ) : nouilles trempant dans une soupe au goût curry.
  • Kitsune-udon ( 狐饂飩 ): nouilles accompagnées de gros morceaux de soja frit.
  • Sutamina-udon ( スタミナ饂飩 ) : nouilles accompagnées d'éléments forts nutritifs tels un œuf cru, de la viande et des légumes.
  • Tanuki-udon (狸饂飩) : nouilles accompagnées de tenkasu
  • Tempura-udon (天麩羅饂飩) : nouilles accompagnées de tempura
  • Tsukimi-udon (月見饂飩) : nouilles accompagnées d'un oeuf cru qui poche dans la soupe encore bouillante
  • Wakame-udon (ワカメ饂飩) : nouilles accompagnées d'un algue wakame


5.2.3. Ramen ( らーめん ) ( 拉麺 )

Le ramen est une sorte de soupe dont le bouillon est fait à base de porc ou de poulet. Il est accompagné de fines nouilles torsadées ainsi que de divers ingrédients qui forment alors le plat. Les soupes sont toujours servies chaudes.



5.3. Les plats frits – Age-mono ( 揚げ物 )

De nombreux plats Japonais sont frits. Ces derniers ne sont apparus que tardivement dans la cuisine japonaise puisque ce sont les Portugais lors de l'ère Meji qui apportèrent la technique. Ces plats ont de nos jours un grand succès et font partie intégrante de leur cuisine.


5.3.1. Tempura ( 天麩羅 )

Les tempura sont des morceaux de poissona ou de légumea frits. On reconnaîtra particulièrement ceux à base de crevette avec leur queue dépassant du beignet.



5.3.2. Tonkatsu ( 豚カツ )

L'étymologie du mot est la composition du mot ton (porc) et katsu, un raccourci pour katsuretsu (côtelette). Ce sont des morceaux de porc frits épais de 2 à 3 cm .



5.3.3. Karaage

Des morceaux de poulet frits


5.4. Les plats grillés – Yaki-mono ( 焼き物 )

 

5.4.1. Gyoza ( 魚座 )

Le gyoza est un aliment d'origine chinoise très prisé dans toute l'Asie. Il consiste en une sorte de chausson fourré et frit. Le contenu de la farce n'est pas défini mais il est presque toujours composé de viande. Les gyoza sont souvent servis par 5 ou 6

NB : On connaît également ce plat sous le nom de ravioli japonais.


5.4.2. Okonomiyaki ( お好み焼き )

Souvent appelé la pizza japonaise, okonomiyaki vient de : « okonomi » (ce que vous voulez) et yaki (grillé/cuit). C'est un plat assez proche de l'omelette de par sa conception mis à part que l'on utilise une pâte de fabrication plus complexe à la place des oeufs. A l'origine, on retrouve diverses sortes d'okonomiyaki composées d'ingrédients différents selon les régions. C'est un plat très riche car composé de la fameuse pâte pour okonomiyaki, de nouilles, de viande et de légumes.De nombreuses sauces peuvent accompagner les okonomiyaki dont les plus utilisées sont la sauce okonomiyaki et la mayonnaise.


5.4.3. Takoyaki ( たこ焼き )

Littéralement « pieuvre frite », les takoyaki sont des boulettes composées de pâte et d'un dé de pieuvre, le tout en sauce pour okonomiyaki.




5.4.4. Yakitori ( 焼き鳥 )

Littéralement « poulet grillé », les yakitori sont à l'origine des parties embrochées de poulet grillées ainsi que certains légumes et champignons. Quasi tout le poulet, mis à part la tête, peut se retrouver en yakitori. De nos jours, ce sont des ensembles variés de brochettes puisqu'il existe des yakitori à base de boeuf, de porc, etc.




5.4.5. Yakizakana ( 焼き魚 )

Il s'agît d'un poisson grillé dont les entrailles ont déjà été retirées. C'est donc un poisson grillé « normal » à la différence qu'on le dépèce à l'aide de baguettes, ce qui demande une certaine dextérité.


5.5. Les soupes – Sui-mono ( 吸い物 ) et Shiru-mono ( 汁物 )

Il existe plusieurs types de soupe au Japon mais je me contenterai de vous citer la plus connu la soupe miso.


5.5.1 Misoshiru ( 味噌汁 )

C'est une soupe à base de miso (pâte de soja) servie en fin de repas. Le miso à cette étrange faculté, qui fascine les occidentaux, de se regrouper au centre de la soupe après quelque temps, formant un nuage opaque au milieu du bol.

Bien que la préparation soit laissée au chef, on retrouve souvent, en plus du miso des morceaux de tofu ainsi que des algues.



5.6. Sashimi ( 刺身 )

C'est avec le sushi l'un des plats les plus connus par les occidentaux. Il est très simple de composition puisqu'il consiste en des émincés de poisson cru. Vous pouvez retrouver quasi tous les poissons en sashimi : thon, saumon, poulpe, etc. Je vous invite à emporter la traduction des poissons en Japonais lors de votre voyage culinaire.



5.7. Les plats communs – Nabe-mono ( 鍋物 )

Littéralement parlant, les nabemono sont des plats cuits en casserole. Ils ont aussi pour point commun le fait qu'on les mange « ensemble », ce qui a pour but de rapprocher les personnes qui le mange. C'est donc avant tout un plat familial.


5.7.1. Shabu-shabu ( しゃぶしゃぶ )

Ce plat est composé d'émincés de bœuf (on trouve aussi du porc, du poulet, etc.), de tofu et de légumes que l'on fait cuire dans une casserole d'eau bouillante. Le shabu-shabu abroge à la règle de la nourriture en commun puisque les aliments sont ajoutés au compte goûte.



5.7.2. Sukiyaki ( 鋤焼 )

Le sukiyaki est fort proche du shabu-shabu sauf que celui-ci ne s'éloigne pas de la règle de la nourriture mangée en commun. On retrouve généralement des nouilles (soba ou udon), des émincés de viande, du tofu et divers légumes. La composition des sukiyaki dépend principalement de la région dans laquelle ils sont servis. Lorsqu'un ingrédient est cuit, on le prend pour le mettre dans son bol. Le bol contient à l'origine un œuf cru auquel on mélange ces aliments cuits.

On appelle souvent ce plat fondue japonaise.


5.8. Autres plats


5.8.1. Edamame (枝豆)

Les edamame sont des gousses (vertes) de soja salées. C'est un excellent hors d'oeuvre que je conseille vivement.


5.8.2. Potato salada ( ポテと サラダ )

Comme son nom semble l'indiquer, il s'agit d'une salade de pomme de terre. C'est plus précisément une purée de pomme de terre en mayonnaise, mélangée à quelques légumes.


5.8.3. Takuan ( 沢庵 )

Il s'agît de daikon vinaigrés (pickles) qui ont un aspect jaune fort marqué. Ils accompagnent souvent un plat mais peuvent également être pris en fin de repas car ils aident à la digestion.




5.9. Wagashi ( 和菓子 )



Le terme wagashi rassemble sous la même bannière toutes les pâtisseries japonaises. Son étymologie l'indique clairement puisque le « wa » veux dire « japonais » et « gashi » signifie « sucrerie ». Les plus connus sont les mochi ainsi que les daifuku servis lors de la cérémonie du thé. Revenons sur ce dernier point un instant. Les wagashi ne sont aucunement une pâtisserie comme nous l'entendons en occident. Ils ne terminent nullement un repas et sont sensés, accompagnés de thé vert, se suffire à eux-mêmes. Bien d'autres wagashi existent mais je ne les ai jamais goûtés et il m'est donc difficile de vous guider. Sachez cependant que l'on retrouve 4 grands types de wagashi : ceux à base de gelée, ceux à base de gâteau de riz, ceux à base de sucre et enfin ceux qui sont cuits au four.

 

 

 

5.9.1. Mochi ( 餅 )

Il s'agit d'une petite boule de pâte de riz pétrie et donc fort gluante. C'est un plat qui est énormément consommé lors des fêtes de fin d'année. À cette époque de l'année, on peut alors voir des personnes qui préparent le mochi de façon traditionnelle, en rue. Ils utilisent un récipient en bois dans lequel, à l'aide d'un gros pilon et d'un marteau, ils préparent le mochi.



5.9.2. Daifuku ( 大福 )

Littéralement : « la grande chance », le daifuku consiste en un mochi fourré. La farce est le plus souvent de l'anko mais peut aussi être un fruit entier (le plus souvent une fraise). La société Lotte est à l'origine des très populaires yukimi-daifuku farcis à la crème-glacée (vanille, chocolat ou thé vert).

 


6. Les boissons

Les boissons que l'on peut consommer au Japon sont aussi différentes des nôtres que le sont les plats. Premièrement, comme précité, la majorité des boissons ne sont pas fortement sucrées. Enfin, comme nos goûts sont fondamentalement différents, ceux des boissons le sont aussi.


6.1. Les thés ( 茶 )

Le thé est une boisson extrêmement répandue et consommée au Japon. La plupart des thé asiatiques sont des thés verts par opposition à nos thés noirs qui s'obtiennent par une oxydation. Pour votre information, sachez que de nombreux izakaya vous proposent de l'eau et du thé gratuitement lors de votre repas. Il existe une très grande variété de thé dont voici quelques exemples :

  • Bancha ( 番茶 ) : C'est une sous-classe de sencha obtenue lors de la seconde moisson entre l'été et l'automne. Son goût est moins prononcé que le sencha, d'où son nom qui ce traduit littéralement comme suit : « thé ordinaire »
  • Genmaicha ( 玄米茶 ) : Ce thé est obtenu par l'infusion de bancha et de grains de riz brun.
  • Gyokuro ( 玉露 ) : Le thé est fait à partir de tencha cultivé à l'ombre ce qui en altère le goût. Ce dernier est plus clair que le tencha.
  • Hojicha ( 焙じ茶 ) : Un thé de couleur rouge obtenu par la cuisson de bancha. Il est particulièrement doux et pauvre en caféine. C'est donc un thé consommé avant d'aller dormir.
  • Kabusecha : C'est un sencha cultivé à l'ombre ce qui altère son goût.
  • Kocha : le thé anglais (noir) tel que nous le connaissons. Sa couleur est obtenue par une plus longue exposition au soleil.
  • Matcha ( 抹茶 ) : Ce thé épais et de grande qualité (tencha) est utilisé lors de la cérémonie du thé au Japon. On le retrouve également dans de nombreux autres plats tels que les daifuku, les glaces au thé vert, etc.
  • Oolongcha : D'origine chinoise, ce thé est un intermédiaire entre le thé vert et le thé noir. Il se rapproche plus , point de vue du goût, du thé vert.
  • Sencha ( 煎茶 ) : C'est le thé le plus répandu au Japon puisqu'il correspond aux 3/4 de la production nippone. C'est un thé vert obtenu en laissant sécher les feuilles au soleil.
  • Tencha ( 天茶 ) : Un thé vert de grande qualité (littéralement « le thé du ciel »).


6.2. Les alcools ( 酒 )


tonneaux de sake


shochu
Avant toute chose, sachez que la légende comme quoi les japonais ne tiennent pas l'alcool n'en est pas une. Cela explique d'emblée que la plupart des alcool japonais ne soient pas des alcool forts.

Ensuite, si l'on se réfère au fait que la céréale de base est le riz, il est logique que les alcools soient faits à base de ce même ingrédient. Bien qu'il n'y ait pas que des alcools de riz au Japon, ces derniers dominent clairement le marché.

Enfin, lorsque vous demandez du sake dans un restaurant asiatique, vous vous attendez à ce que l'on vous serve un alcool de riz dans une sorte de petit shooter. Mais vous aurez peut-être remarqué que les sakes servis dans les restaurants Chinois et Japonais ne sont pas les mêmes. Bien que le terme sake est utilisé abusivement pour les restaurants chinois, il existe une autre raison.

Le mot sake est un terme générique que l'on peut traduire par alcool (boisson alcoolisée) sous nos latitudes. Le sake que l'on vous sert dans les restaurants japonais est le nihonshu. Mais voici quelques éclaircissements sur le sake, l'acool, au Japon :


  • Le Seishu est l'appellation officielle pour distinguer le nihonshu des autres alcools tels que le shochu. Le procédé utilisé pour le seishu en fait une bière de riz qui oscille entre 15% et 20% d'alcool. Le seishu est divisé en quatre grandes catégories de saké en fonction de leur nature :
    • Nigorizake ( 濁り酒 « trouble, nuageux, brut »): C'est un saké non filtré, à l'ancienne. Il est moins alcoolisé et de saveur douceâtre, sa consommation reste marginale.
    • Namazake ( 生酒 « cru ») : désigne tout saké non pasteurisé (chauffé une seule fois avant l'expédition), quel que soit sa catégorie. Ceci est rendu possible par les progrès de la filtration. De saveur piquante et rafraîchissante, il se consomme froid ;
    • Futsūshu ( 普通酒 « standard, de table »): c'est le saké le plus consommé (deux tiers de la production), aucune contrainte de taux de polissage du riz, ni d'additifs ne lui est appliqué. Il peut même être dilué et mélangé à l'affinage. Le plus souvent consommé chaud (kan, hitohada, atsukan) ;
    • Tokutei-meishōshu ( 特定名称酒 ) : équivalent de notre « appellation contrôlée, de qualité supérieure »). Environ, vingt pour cent du marché. Il réunit les appellations contrôlées suivantes, en fonction du seimai-buai (pourcentage de riz restant après polissage, de l'addition ou non d'alcool et de la technique de brassage) :
      • Honjōzo-shu ( 本醸造 ) : seimai-buai à 70%, kōji 15%, et addition d'alcool distillé avant la filtration. C'est le plus vendu des sakés supérieurs;
      • Junmai-shu ( 純米酒 « pur riz, sans alcool ajouté ») : autrefois astreint à un seimai-buai de 70% minimum, il est à présent libre ( à condition de préciser le taux sur l'emballage), ce qui a motiv é la cré ation de sous catégories:
        • tokubetsu-junmai-shu ( 特別純米酒 extra pur) ;
        • junmai-ginjōshu ( 純米吟醸酒 ), garantissant un seimai-buai inférieur à 60-70% ;
        • Ginjō-shu ( 吟醸酒 ) seimai-buai de 60%, à fermentation lente à basse température ;
      • Daiginjo-shu ( 大吟醸酒 ) : c‘est un saké plus raffiné (seimai-buai de 35% à 50%), à brassage artisanal, mais additionné d'alcool ;
      • Junmai-daiginjo-shu ( 純米大吟醸酒 ) : comme ci-dessus mais sans addition d'alcool. C'est le sommet de l'art du brassage, donnant un bouquet subtil mais aromatique, une saveur fruitée-complexe, et... une dépense en conséquence

Futsūshu

Umechu rokku
  • Le Shochu est une liqueur qui oscille entre 25% et 45% d'alcool dont le goût plus brut dépend de la céréale avec laquelle il est fait.
    • kome-jochu ( 米焼酎 ) : à base de riz
    • mugi-jochu (麦焼酎) : à base d'orge
    • imo-shochu (芋焼酎) : à base de pommes de terre
    • okutou-shochu (黒糖焼酎) : à base de sucre de canne.
  • Les bières : au Japon, vous trouverez également des bières tel qu'on l'entend en occident. Il sera particulièrement difficile de trouver des bières occidentales : Jupiler, Heineken, Maes, Carlberg, etc. Mais vous pourrez facilement acheter des bières de marque japonaise (Asahi, Kirin, Sapporo, Suntory et Orion). On recense également de nombreuses bières fruitées (avec du citron, de la pèche, etc.)

NB : Le shochu peut se mélanger afin de former un nouvel alcool. C'est le cas de l'umechuu ( 梅酒 ) : un mélange de shochu, de sucre et prunes. Il peut aussi se mélanger à d'autres alcools tel le délicieux mélange bien que très peu connu des occidentaux : 1/4 de shochu pour 3/4 de bière

Enfin, un dernier mot sur le vin au Japon. Notre culture occidentale (du moins l'influence française) nous amène à consommer du vin avec la plupart de nos plats. Cependant, bien qu'il existe des vins japonais, je vous déconseille fortement le mélange de cuisine japonaise et de vin. Comme j'ai pour habitude de dire : consommer des sushi avec du vin, c'est consommer de la biche avec un milk-shake. Cela peut se faire mais ce n'est pas de bon goût.

6.3. Les autres boissons


Sodas japonais


Sodas japonais
Il est impossible d'énumérer dans cet article l'entièreté des boissons que l'on peut consommer au Japon. Cependant, il est bon de savoir ceci : A côté des boissons précitées, plus traditionnelles, on retrouve principalement des boissons sucrée, des jus de fruit et d'autres boissons énergétiques.
  • Les boissons sucrées sont mises au goût du Japon. La société coca-cola distribue du coca-cola C3 qui est un coca enrichi en caféine. On y trouve également des Fanta goût fraise.
  • Les jus de fuits sont peu répandus au Japon. On trouve principalement des jus d'orange distribués en grandes cannettes.
  • Les boissons énergétiques sont très prisées au pays du soleil levant. Il est impossible de les citez toutes tellement il y en à (Redbull, BOSS, etc.)




7. L'addition

Enfin/Malheureusement, vous avez fini de manger ! Il ne vous reste plus qu'à demander l'addition et à partir.

Pour demander l'addition agrippez un serveur à l'aide d'un grand « sumimasen » (excusez-moi). Vous pouvez alors lui demander l'addition : « o kanjo kudasai ». Il vous apportera alors l'addition à table.

Il est de tradition de diviser le montant de l'addition entre le nombre de participants mais cela n'à rien d'obligatoire. Vous devez par contre vous lever et aller jusqu'à la caisse pour payer.

Une fois l'addition réglée, il est d'usage de dire « Gochissosama deshita » (merci pour le repas) ce à quoi ils répondront « arigato gozaimashita » (merci dans une forme fort polie) s'il ne vous l'on pas déjà dit juste avant.

Une dernière chose qui n'est pas des moins importantes : ne donnez JAMAIS de pourboire à un Japonais. Cela le mettrait dans un embarras profond.


7.1. Combien coûte un repas.

Il peut vous paraître un peu tardif d'aborder ce point lorsque nous touchons à la fin de ce guide mais comme je pars du principe que manger est essentiel ; le coût de la nourriture ne doit être qu'informatif. De plus, la nourriture au Japon n'est pas chère, il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter.

Il est extrêmement complexe, face à la multitude de profils, de donner une idée raisonnable du prix de la nourriture au Japon.

De manière générale et pour un humain tout aussi général (monsieur moyenne) on peut compter 3.000 ¥ (+/- 20 €) par jour. Cela signifie que vous faites appel au système de menu qui vous permet, pour un prix modique, de manger. Cela vous permet également de faire quelques excès en soirée mais sans plus. Quand je dis excès, c'est surtout en pensant aux boissons. Le thé vert et l'eau étant offertes la plupart du temps, vous ne payez pas vos boissons (parfois, pour le thé vert, vous payez une tasse et le reste est gratuit).

Il existe de nombreux menus qui oscillent autour des 1.000 ¥ à 3.000 ¥ par jour tout en incluant une certaine marge de réserve.

Pour les plus gourmands ou ceux qui, comme moi, aiment bien les petits excès on peut compter près de 5.000 ¥ (+/- 35 €) par jour. Vous pourrez alors consommer sans modérations (façon de parler) nourriture et boissons diverses.


8. Conclusion

La nourriture japonaise, en plus d'être exquise revête une finesse de présentation que nous ne connaissons pas en occident. Bien sur, les restaurants gastronomiques occidentaux font attention à la présentation mais cela n'atteint pas la cheville, à mon sens, de la cuisine japonaise.

Retenez surtout que leur cuisine est salée, souvent accompagnée de riz. Se nourrir au Japon ne coûte pas grand-chose lorsque l'on s'attaque à la cuisine « normale » mais le prix peut très vite monter lorsque l'on est gourmet.

J'espère que ce guide vous a aidé, en dépit de sa longueur, à mieux comprendre la nourriture et les habitudes culinaires du Japon.

 

Last Updated on Sunday, 16 November 2008 12:19